Du riz au lieu de déchets toxiques Partie 2

Les stations de recharge pour petites batteries  sont en service

Du riz au lieu de déchets toxiques Partie 2*


A Gourgou la station centrale de recharge  pour piles rechargeables et téléphones portables a été mise en service mi-décembre 2013. Elle permet de charger à la fois 80 piles rechargeables au moyen  de 20 chargeurs . En plus, la station comprend 40 chargeurs pour téléphones  portables.

La station est exploitée par 3 femmes et 5 hommes du groupe VENEM WAYA (La lumière est arrivée) du village de Gourgou  en régime de travail à temps partiel. 

Ils vendent aussi des foyers améliorés  du programme de la GIZ à faible consommation  de bois (économie  de 50%)

Les piles rechargeables  doivent être payées par  mensualités en 12 mois. Pour la recharge des piles et des portables les consommateurs paient un forfait mensuel qui assure la rémunération du groupe.

A notre surprise les 30 premiers clients avaient payés leurs accus et réglé leur forfait de recharge des portables et accus pour l’année en avance et en espèce.



A  la ferme biologique AMPO - TON TENGA près d‘Ouagadougou 10 systèmes solaires privés (Solar-Home-Systeme (SHS)) ont été assemblés. 

Avec un tel SHS de 20 Watts  on peut brancher 2 lampes LED et un chargeur pour 4 accus et portables. Neuf participants ont suivi une formation de deux ans en agriculture biologique (à la ferme biologique) et sont retournés dans leurs villages pour travailler comme agriculteurs biologiques. Ils y ont apporté les SHS où ceux-ci servent de modèles pour une alimentation décentralisée en courant solaire, ce qui permet de remplacer les piles jetables par des piles rechargeables . Surprise: eux  aussi  ont payé en espèce les matériaux préfinancés de 60 € alors qu’ils avaient la possibilité de payer par mensualités.

Participant n°. 10 est  un professeur de la ferme biologique qui organisera d‘autres ateliers. La date du prochain cours a déjà été fixée.

Avec la mise en route de la station de recharge centrale au village de Gourgou et l’assemblage de 10 sysèmes solaires privés (SHS) installés d’une manière décentralisée chez des fermiers dans les villages, le projet „Du riz au lieu de déchets toxiques“ * entre dans la phase pratique d’experimentation. Le remplacement systématique de piles par des accus pourra-t-il réussir?  L’utilisation de piles rechargeables est-elle une alternative ? Quelle solution est la meilleure – centrale ou décentralisée?

Pour mémoire: Une famille de 20 à 25 membres consomme entre 900 et 1100 piles par an.

L’alternative consisterait à utiliser 24 à 26 piles rechargeables. Les économies ainsi réalisées correspondent au prix de 100 kg de riz.



Organisation et financement de la station centrale de charge

La station centrale de recharge au village de Gourgou est alimentée par deux systèmes photovoltaiques indépendants installés à l’école. Chaque installation a une capacité journalière nette** de 3000 Wh. Cette capacité est suffisante pour éclairer 4 salles de classe, un ordinateur portable, un vidéoprojecteur, un lecteur DVD  à l’école et aussi pour les  chargeurs qui sont installés dans un petit bâtiment maçonné (kiosque).

Le financement des chargeurs ainsi que des systèmes solaires fut assuré par la Fondation Gingko de Hofheim près de Francfort. Deux lignes de courant alternatif de 220 V et une de courant continu de 24/12 V alimentent les 20 chargeurs de piles ainsi que les bases de recharge pour les téléphones portables. Si un des système solaires tombe en panne, le deuxième système continue à alimenter la station de recharge. Les trois femmes et les cinq hommes du groupe VENEM WAYA conseillent les clients, manient les bases de chargement et perçoivent les frais de recharge.

*voir présentation „Le rôle des piles dans les ménages africains. Est-ce que les accus rechargeables par systèmes solaires représentent une alternative? PDF à télécharger sous  (http://www.aktuell.solarenergie-fuer-afrika.de/?Altbatterie-Recycling_in_Afrika).

** C’est la capacité disponible au consommateur. Les pertes de performance de 33 % dues aux températures élévées, à la poussière, à l’onduleur, la résistance interne des lignes et des batteries etc. sont déjà prises en compte.

Conseil est nécessaire – éviter la décharge profonde

Les petits appareils électriques utilisés au village ont été conçus pour usage de piles. Dès que les piles sont „vides“ on les remplace par des  nouvelles. En Afrique les piles sont utilisées jusqu’à la dernière „goutte“ à savoir les derniers milliampères.

Les piles rechargeables (accus) doivent être  utilisées d’une manière différente. Il est important de ne pas descendre en dessous d‘ une capacité résiduelle mesurée en tension (V). Un  accu NiMH qui est  „plein“ a une tension de 1,38 V, et il est „vide“ à une tension de 1 V. C’est alors que la décharge profonde commence et c’est à ce moment au plus tard que la pile doit être rechargée.

Les lampes solaires qui  normalement sont alimentées par des accus NiMH ont un dispositif protecteur.

Dès que la tension atteint 1 V par élément, la lumière s’éteint. Les accus doivent être rechargés. C’est aussi le cas des téléphones portables (la coupure protectrice intervient à une tension de 3 V par élément). Mais un tel dispositif protecteur n’existe pas pour les torches électriques, radios etc.

C’est aux utilisateurs de prévenir la décharge profonde. Or, il est nécessaire que les utilisateurs changent leurs habitudes, encouragés par des mesures d’information et d‘organisation appropriées (p.ex. en fixant des intervalles fixes pour la recharge).

Il est donc nécessaire d’informer les clients sur ces aspects.

Un membre du groupe de travail explique aux premiers clients la différence entre les piles et les piles rechargeables. Suite à des tests pratiques nous avons  décidé que les piles rechargeables doivent être rechargées tous les  3 ou 4 jours, lorsqu’ elles  détiennent encore 50 % de leur capacité. Cette approche doublera la capacité totale d’une batterie ou pile rechargeable au cours de sa durée de fonctionnement.

Nous avons expliqué cette façon de procéder aux paysans par analogie  aux semences qu’ils gardent de leur récolte. Pour qu‘une batterie puisse être rechargée il faut qu’elle possède une capacité résiduelle.

Extrait des règles d’utilisation données aux paysans en langue Moré:

" Règle 2: Recharger la pile lorsque celle-ci a perdu la moitié de sa capacité. Ainsi sa durée de vie est multipliée par deux (2). Au lieu de 1-2 ans, elle peut avoir une durée de vie allant à 3-4 ans. Une pile rechargeable doit donc être rechargée tous les 3 ou 4 jours."


Ne pas mélanger les batteries vieilles et neuves ou pleines et demi-pleines

Si on insère une batterie à moitié pleine et une batterie pleine dans une lampe électrique cela peut entrainer une décharge profonde de la batterie demi-pleine. Au même titre il est conseillé de se servir toujours d’éléments de capacité égale et d’âge égal, par exemple, en utilisant le même pack de deux ou trois etc. éléments pendant toute la durée de vie.



On peut marquer les batteries avec des chiffres, lettres ou une bande isolante en couleur. Ainsi les batteries marquées en jaune doivent être utilisées ensemble. Dans chaque famille on doit donc marquer les batteries ou paire de batteries par couleurs ou chiffres différents.

En plus les accus sont marqués avec un code identifiant le propriétaire.

Les accus ont été achetés de la société Pollin  qui a accordé une remise sensible. Les chargeurs sont un don de la société Ansmann.

Codage des chargeurs de téléphones portables

Le groupe de travail craignait qu’un forfait mensuel pour la recharge des téléphones portables pourrait encourager certaines personnes à tricher. Par exemple: une famille qui possède cinq téléphones portables ne paye le forfait que pour un seul téléphone et insère les batteries des autres téléphones dans celui pour lequel elle paie le forfait mensuel.

Maintenant tous les accus sont codés. Le chiffre “1” désigne la famille, le „Bi“ représente le secteur du village, et le chiffre „1“ représente le premier portable enregistré par la famille. Le deuxième aurait le chiffre “2” à la fin. Le code est marqué à l’aide d’un stylo permanent sur un film autocollant et couvert d’un Scotch. Tout essai d’enlever le code le détruit. Les batteries sont marquées par un code similaire.


Finances, comptabilité et contrôle

Pour charger une batterie de téléphone portable les clients paient un forfait de 150 CFA/0,22 € par mois, pour recharger une pile rechargeable 65 CFA/ 0,10 €. Ces montants servent à rémunérer le groupe de travail. Si la station de recharge est exploitée comme prévu, à savoir pour le chargement d’environ 365 accus de portables et environ 1000 piles rechargeables les membres du groupe de travail gagneront un multiple de trois ou quatre fois le SMIG au Burkina Faso. Des revenues supplémentaires peuvent être réalisés par la vente de  foyers améliorés  à faible consommation de bois du programme GIZ (voir plus bas).

Les piles rechargeables sont payées en 12 mensualités pour financer l’achat de nouveaux accus.

Etant donné que les systèmes photovoltaiques étaient un don de la Gingko Foundation pour l’école et le village de Gourgou, ces dépenses ne sont pas comptées. Mais le village sera responsable des frais d’entretien. Donc, comme c’est le cas de plusieurs grands systèmes solaires en Afrique il s’agit d’un financement mixte de don et de participation propre.

Pour le contrôle des forfaits de recharge il existe une comptabilité sous forme de tableur. Tous les produits et services par famille et par mois sont saisis. Cette comptabilité se base sur le codage décrit ci-avant.

Il est possible que cela paraîsse un peu compliqué et bureaucratique et le kiosque est probablement la première institution bureaucratique du village de Gourgou. Mais dès que le premier „enregistrement“ a été fait, il suffit de saisir les forfaits mensuels de recharge.


Les premiers „clients“ attendent patiemment leur „enregistrement“. La récolte étant terminée ils ont beaucoup de temps pour une causette …. et il y a une grande surprise.

… à la grande surprise, les clients avaient de l’argent!

Nous avions supposé que les clients payeraient les frais de recharge en forfaits mensuels et paiements échelonnés grâce à des économies par rapport aux piles jetables et les frais habituels de recharge pour les portables qui est de 75 à 100 CFA /0,11 € à 0,15 € pour chacune des trois à cinq recharges par mois. A notre surprise les villageois payaient les piles rechargeables en espèce et les forfaits mensuels pour les recharges pour un an en avance. Un des villageois a payé les frais de recharge pour le portable pour 18 mois en avance.

Conclusion (peut-être spéculative): si on propose un produit de très grande utilité ou un service à un prix très intéressant les gens ont tendance à mettre ensemble leur ressources dans le souci de pouvoir profiter aussi dans l’avenir de cette offre. Nous avons vu la même tendance pour la construction des sysèmes solaires privés (SHS) à la ferme biologique AMPO Ton Tenga.

En cas de panne de la station de recharge, toutes les recettes, sauf les frais de recharge du mois en cours, sont mises à l’abri  sur un compte bancaire. Cette tache est assurée par notre personne de confiance, Issa Naré qui travaille à la mairie de Tenkodogo. Il conseille, gère et contrôle le travail de la station de recharge et s’assure de son bon fonctionnement.


Digression: le projet GIZ du foyer amélioré à faible consommation de bois http://www.giz.de/de/weltweit/19120.html)

La méthode courante de faire la cuisine au Burkina Faso c’est le foyer sur trois pierre. La GIZ  actuellement organise un projet d’ènergie efficace en remplaçant les poêles traditionnels par des dispositifs plus économes en métal ou céramique. La consommation de bois est réduite de 50 %. Ces foyers améliorés  sont fabriqués avec des matériaux locaux  par les burkinabés pour le marché. Cette fabrication n’est pas subventionnée. Environ 400 000 foyers ont déjà été vendus. Le poêle métallique vendu à la station de recharge à Gourgou réduit la consommation de bois de 45 - 50 % et est vendu à un prix de  3000 CFA /  4,50 €. Le groupe reçcoit  250 CFA /  0,38 €  par foyer vendu.


Le cours d’assemblage de systèmes solaires privés (SHS) à la ferme biologique AMPO Ton Tenga – les stations de recharge décentralisées

La ferme biologique AMPO Ton Tenga est située tout près d‘Ouagadougou, la capitale de Burkina-Faso.



Dans le cadre d’une formation de 2 ans les jeunes paysans apprennent la culture biologique (y compris le compostage) de toutes les plantes utiles (légumes, céréales, fruits). Les étudiants viennent de toutes les régions du Burkina Faso et sont logés à la ferme. Il y a des cours théorétiques en deux classes.

Leur enseignement comprend aussi l’élevage de bétail (bœufs, chèvres, moutons, cochons et différentes sortes de volaille).

Lors de ma visite en février 2013, le directeur de la ferme était tout séduit du plan d’assembler avec les jeunes paysans des SHS pour servir de modèles dans les villages. Depuis ce temps la ferme sert de base pour la fabrication privée de  SHS à la campagne.

Le programme de la ferme biologique est organisé et accompagné par Sahel e.V. à Ploen, un partenaire d’ AMPO au Burkina-Faso.


Dans mon article  "Licht und Schatten" (Lumière et Ombre)  (http://www.dandc.eu/de/article/solarmaerkte-wachsen-burkina-faso-schnell-aber-es-muss-noch-viel-geschehen-um-ihr-potenzial ) j’ai  indiqué que tous les éléments dont on a besoin pour la fabrication d’un SHS sont disponibles sur les marchés du Burkina-Faso. Toutefois, l’utilisation répandu et efficace de petits systèmes SHS se heurte encore au manque d’information concernant le fonctionnement des différents composants et de leur dimensionnement pour fabriquer un SHS. C’est pourquoi nous avons décidé de fournir les informations théoriques et pratiques pour la fabrication de SHS qui ne servent pas seulement à l’éclairage et à charger des téléphones portables mais qui peuvent en même temps être utilisés comme station de recharge décentralisée pour les piles rechargeables.

Dépliant pour la fabrication privée et atelier d’assemblage

J’ai rédigé un dépliant simple qui a permis aux participants à Ton Tenga d’assembler les SHS au cours de trois jours et demi.

Nous avons commencé par assembler une lampe LED de 12V. Les LED étaient un don des firmes „Diekman Licht-Werbung“ à Stuhr et „Hansen-Neon“ à Haselund. Le branchement de cette lampe avec une batterie de 12 V fournissait de la lumière. Il est important de permettre aux participants de commencer par un travail pratique et d’en voir les résultats positifs avant d’enseigner la théorie parce que celle-ci sera reçue alors avec plus d’attention .



Les phases de fabrication de la calebasse servant de caisse: 

Ensuite pour éviter l’endommagement des batteries et des bornes un boîtier est construit. A la ferme biologique ce boîtier était fait d’une planche pour le fond et d’une grande calebasse qui sert à la fois de caisse et de couvercle.



Ensuite on perce des trous dans la calebasse pour  passer les câbles et peint les planches en couleur.

A l’aide d’une charnière la calebasse est alors fixée à la planche de manière à ce qu’elle puisse être ouverte et fermée comme un couvercle. Ceci facilite l’accès aux batteries montées en-dessous.

Ensuite on monte le régulateur solaire et les câbles.

Maintenant on teste et fixe les deux accus à 12V/7,2 Ah qui sont montés en parallèle.





Résultat du contrôle des SHS assemblés avant leur mise en service : tous les branchements ont été bien faits.